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  • : Revue de Création Littéraire Bilingue ARCOIRIS
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  • : 01/01/1995
  • : France Toulon
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  • : Je suis une revue de Création Litteraire Bilingue, espagnol/français. Je suis née le 01/01/1995. cela fait 12 ans que j'existe. Je porte sur mes frêles épaules le poids de 25 numéros sur papier, édités tous les trimestres qui se sont succéd

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Dimanche 14 octobre 2007 7 14 10 2007 00:25

bateaux.gif Au début de l'année 1770, partit de Cadix le voilier Oriflamma, avec 300 personnes à son bord, en comptant les hommes d'équipage et les passagers.
Loriflamme appartenait à la Compagnie de Navigation Ustáriz. Son capitaine s'appelait José Antonio Alzaga et son pilote, Manuel de Boenechea.
Il allait vers les Amériques, portant à son bord quelques aventuriers qui comptaient refaire leur vie là-bas, dans les terres fabuleuses de l'eldorado, avec  leurs chargements de denrées importées. d'Europe.
Aussitôt que le bateau rentra dans les eaux du Pacifique, des vents qui ne présageaient rien de bon gonflèrent ses voiles.
Une mystérieuse épidémie, puis la faim, dissémina les membres de l'équipage et les passagers.
Dans la soirée du 23 juin 1770, la présence de l'Oriflama fut signalée près des côtes de Valparaiso, Chili.
Le voilier "Gallardo", immatriculé aussi à Cadix et commandé par le capitaine Juan Esteban Ezpeleta, ami intime du capitaine de l'Oriflama, ordonna qu'une salve soit donnée en son honneur. Mais, l'Oriflama ne donna aucun signe de vie, il continuait sa route, comme s'il dérivait.
Surpris, le capitaine et les hommes d'équipage du "Gallardo", décidèrent de le suivre. Mais la nuit, qui tombe très vite dans ces latitudes, les en empêcha. Le vent ne soufflait plus. Dans l'air flottait une tiédeur calme, tout se conjurait pour que le "Gallardo" ne puisse pas rattraper l'Oriflama.
Le 24 juin, à une distance de deux lieux, le "Gallardo" mit une chaloupe à la mer. Celle-ci s'approcha doucement du bateau où y régnait un silence impressionnant. 
Quand les hommes de la chaloupe montèrent sur le bateau, ils découvrirent un spectacle hallucinant. Des 300 passagers et hommes d'équipage, il n'en restait que 106 qui n'avaient qu'un semblant de vie. Seulement 30 d'entre eux pouvaient marcher péniblement. Ils étaient affaiblis à un point tel qu'ils étaient incapables d'exécuter la moindre manoeuvre. C'était la raison pour la quelle le voilier n'avait qu'une seule voile hissée et sans aucune lumière pour signaler sa présence la nuit.

La veille, aux prix d'efforts considérables, un matelot escalada le mât de misaine pour y accrocher un fanal; mais son était d'épuisement extrême fit échouer sa tentative: il lâcha prise et tomba dans l'océan où il fut englouti.
bateaux-20-61-.gif

Les hommes de la chaloupe revinrent sur le "Gallardo" pour raconter l'étonnante découverte.
Le capitaine Ezpeleta ordonna que  quatre petits bateaux, d'une capacité de 40 hommes, soient mis à disposition pour aller secourir les gens de l'Oriflama. Et, pendant qu'on exécutait les ordres du capitaine, une tempête se déchaîna, qui sépara, une fois de plus, les deux voiliers.

L'après-midi touchait à sa fin, puis vint la nuit.
Les hommes du "Gallardo" désespéraient devant l'impossibilité de porter secours au voilier en perdition. Quand tout à coup arriva l'incroyable.
On vit l'Oriflama déplier ses voiles. Il s'illumina tout entier, jusqu'au grand mât, et il s'éloigna rapidement en direction de la haute mer.

On raconte que, parfois, la nuit de la St Jean, on le voit croiser devant les côtes. Il luit au milieu de la nuit, ses lumières se reflétent dans l'eau des vagues. Il passe et se perd à nouveau, vers l'horizon...invisible...

                                                                                                                           In "Bâteaux fantômes du bout du monde"
                                                                                                                                © Diomenia Carvajal

 

Par Revue de Création Littéraire Bilingue ARCOIRIS - Publié dans : Littérature de création - Communauté : Contes et Légendes
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