Trésors, "entierros" et "derroteros"

Publié le par Revue de Création Littéraire Bilingue ARCOIRIS

arc-en-ciel.jpgUn trésor, tout le monde connaît ce que ce mot veut dire, mais "entierro" et "derrotero"? Ces deux derniers mots sont des termes chiliens pour signifier un "trésor caché". Et même, ceci va plus loin que la simple signification du mot "trésor". Un trésor caché est un "entierro" (du mot "enterrar", "enterrer" = entierro; (c'est un verbe qui diphtongue), donc que quelqu'un a mis sous terre afin de le soustraire aux regards des chercheurs des trésors). Et "derrotero" est une mine cachée et tenue secrète pendant des générations.
Les trésors cachés ont la cote auprès du peuple, ils possèdent le charme des légendes des pirates, des trésors enfouis par ces écumeurs des mers et qu'ils ont mis à l'abri le long des côtes chiliennes. Ils correspondent à la légende de Drake, et on les imagine faisant creuser par un subalterne ces trous profonds, dans des coins stratégiques, où ils pensaient pouvoir y retourner, mais pour que l'exécutant se taise à jamais, on lui enfonçait un dard bien pointu et coupant dans le dos. Alors, l'âme de celui-ci restait à garder le trésor, jusqu'au retour de son maître.
Les "entierros" ou aussi nommés "couverts" (tapados) correspondent au domaine du mystère et de la sorcellerie, au monde des hallucinations où il ne manque pas l'imparable "gardien", assassiné par traîtrise lorsqu'ils creusait le trou, les lumières étranges qui apparaissent à une certaine heure de la nuit, d'un jour donné, et qui signalent l'endroit où le chercheur moderne devrait creuser. Il existe au Chili des zones et des villes réputées pour posséder des trésors avec leurs respectifs gardiens et tous les phénomènes qui les accompagnent.

Nous savons que dans l'ancien temps il n'existait pas les banques, avec leur coffre fort actuels. Alors, la façon la plus sûre de cacher ses doublons, ses monnaies d'or, était de les enfouir profondément sous terre. Au Chili, ceci arriva surtout lors des guerres d'indépendance, lors des révolutions politiques qui mettaient tout sens dessous-dessus. Le trois quarts du temps, la personne qui avait creusé sa propre cachette, soit qu'il la révélait à quelqu'un de son entourage avant d'expirer, soit qu'il était surpris par "la pâle" (la mort) avant de pouvoir révéler l'important secret à ses descendants. Il en existe nombre des histoires qui se colportent de bouche à oreille pendant des générations, incitant les plus hardis (ceux, qui ne craignaient pas les fantômes vengeurs de l'arrière grand-père ou du vieil oncle avare qui a laissé pour dévisse "celui qui le trouve, mourra dans les 24 heures"!) à creuser au milieu d'un champ, au bord d'un précipice, ou tout simplement démonter tout un plancher de la vieille maison sise, solitaire et sombre, dans un quartier peu fréquenté par les touristes...sécurité oblige...
Un de plus recherchés de cette dernière catégorie est celui qui, selon la rumeur, se trouve dans une rue de Santiago, nommée "Calle Miraflores ". Il est ,bien sûr, maudit. Celui qui se met  à sa recherche, soit qu'il se ruine pour toujours: argent, santé... et même il finit par mourir d'un on ne sait quel étrange contagion... ou alors, il est assassiné ou il lui arrive un accident... dans l'année. Un grand poète péruvien, créateur désargenté, nommé José Santos Chocano, qui avait réussi à louer une chambre dans cette maison, dû payer une grosse somme d'argent comme amende, pour avoir laissé un trou béant et dangereux pour un locataire distrait, et quelque temps après il mourut d'un coup de poignard dans le dos, assené par ...un autre chercheur des trésors. Comme quoi les légendes des trésors "entierros/tapados" ont la peau dure, et ils ne sont pas près de démentir leur exploits!
Je continuerai de vous raconter par la suite, d'autres légendes des trésors enfouis, ainsi que les règles qui les "gèrent"... Bonne Lecture!

© Diomenia Carvajal

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