Según el favor del viento

Publié le par Revue de Création Littéraire Bilingue ARCOIRIS


Violeta Parra  chante.
Cette chanson est une réalisation de Violeta Parra. Célèbre folkloriste chilienne, décédée en 1967. 
Le folklore chilien lui doit des nombreuses oeuvres, toutes teintées du sentiment populaire qui se reflète si bien dans se paroles. La poésie de la campagne du Chili à travers la voix de Violeta Parra. Ses enfants Isabel et Angel Parra vivent encore en France. Son frère Nicanor Parra est un célèbre Poète que je vous ferai connaître plus tard, à travers de l'un de mes articles.
 
Cette chanson est une "Sirilla", une dance de la région de Chiloé. Et là elle proteste, manifestant son attachement envers les derniers descendants des alacalufs.
 
SELON LA FAVEUR DU VENT (Pour les paroles en castillan suivre le lien mis à la fin)
 

Selon la faveur du vent

va naviguant le bateau chargé de bois,

les cabanes sont restées derrière

pour entrer dans le port:

courre vers le Sud ou le Nord

la petite barque gémissante, je pleure,

selon la faveur du vent je m'en vais.

 

Du Nord vient le pellín(1)

qui rougeoie sur le pont,

il faudra le vendre à Castro

même si la pluie fait rage,

ou si le soleil d'en haut brûle

comme un enfer sans porte, je pleure,

ou si la mer est démontée, je m'en vais.

 

Dans un coin de la barque

bout la marmite,

d'un côté, pelant des pommes de terre

les mains d'une femme de l'île,

c'est peut-être la mère de l'Indien,

ou sa soeur ou sa compagne, je pleure,

ils naviguent des lunes entières, je m'en vais.

 

En suçant son maté

ou son poisson séché,

recroquevillé dans sa barque

l'homme de l'île médite,

il ne sait pas qu'il existe un autre monde

de satin et de velours, je pleure,

qui se moque de l'hiver, je m'en vais.

 

Ce n'est pas une vie que celle du Chilote(2)

il n'a ni instruction ni recours

ses pieds portent des tamangos(3)

et son corps se nourrit de milcao(4) et de piment,

il a le pellín pour se réchauffer

du froid des gouvernements, je pleure,

qui lui brisent les os, je m'en vais.


Réveillez-vous, l'homme, réveillez-vous,
réveillez-vous un moment,
réveillez-vous toute la patrie
avant que s'ouvrent les cieux
et que vienne le tonnerre furieux
avec la trompette de Saint Pierre, je pleure,
balayez les ministères, je m'en vais 

Les Chilotes sont en noir

au-dedans plus qu'au-dehors,

avec leur assiette d'espérance

et leur couverture de ciel,

demandant à la montagne

leur pain amer de seigle, je pleure,

selon la faveur du vent, je m'en vais.

 

Je voudrais mourir en chantant

sur un bateau chargé de bois

et cultiver dans ses eaux

un livre plus justicier

qui dise en lettre d'or

il n'est pas de père pour l'homme de l'île, je pleure,

ni de vent pour son bateau, je m'en vais.

 

1) Espèce de rouvre en bois dur et imputrescible utilisé dans la construction.

2)Habitant de Chiloé, province du Sud du Chili.

3) Sandales de peau.

4) Pain de pomme de terre.

Pour les paroles en espagnol écrire à: re.arcoiris@gmail.com

 

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