Merci Madame Bachelet !

Publié le par Revue de Création Littéraire Bilingue ARCOIRIS

Je me suis inscrite aussi au groupe "Gracias Madame Bachelet", que des électeurs chiliens ont formé dans Facebook.
A part les internautes français qui s'intéressent à la politique actuelle dans le monde, pas grand monde, ou très peu, savent ce que Michèle Bachelet a fait dans ses 4 années qu'elle vient passer à la tête du pays. Ce Chili qu'elle a rencontré encore "déboussolé", avec des blessures internes et externes. Un pays qui saignait encore dans son âme, un 50% des chiliens qui avaient accepté Pinochet et ses exactions (n'en déplaise à quelques uns). Un 50 % de la population qui vivait en baissant la tête, en se cachant des "opinions", en s'interdisant "de juger" top haut et trop fort!
Personne ne parlait de la torture, ni du procès qui n'a jamais eu lieu. On préférait "oublier", faire semblant que cela n'avait jamais existé, les disparus c'étaient "de la vermine", c'est comme ça que quelqu'un l'a exprimé une fois...hélas, dans ma famille "éloignée"! On extermine les puces, les poux et tous les insectes nuisibles, alors "ces gens-là", qui n'avaient pas d'autre alternative face à la misère, à l'abandon des gouvernements successifs, avant l'avènement d'Allende, (personne n'était au courant qu'un jour le "rideau de fer" serait par terre, que la mondialisation arriverait à grand pas, dans très peu de temps, le saviez-vous, vous-même?), bref, tous ceux qui "décoloraient" le paysage, devaient disparaître. Et ils ne seront jamais retrouvés! 
Alors, Madame Bachelet, vous êtes arrivée. On ne peut pas dire que tout le monde, même les pauvres ont sauté de joie. On se méfiait des gens venant de l'extérieur. De tous ceux qui n'avaient pas "fermée leur bouche" à l'extérieur, qui n'ont pas été poursuivis (parce que au delà des frontières qui traversaient les océans la poursuite était impossible) et qui revenaient au pays avec des bagages tous neufs, pas pour remplacer, mais pour donner un nouvel élan au pays! Et je sais que vous avez fait ce que vous avez pu. Car l'armée était toujours présente. Les militaires encore bien dressés, prêt à reprendre les armes et à se remettre à "exterminer la vermine".
- Vous n'avez pas nationalisé les Mines de Chuquicamata, comme l'avait fait Allende, et qui avait déclenché la dictature la plus sanglante dans les annales du Chili (parmi d'autres nationalisations aux mains de capitaux étrangers)
- Mais, par contre, vous avez fait voter une loi reconnaissant les dommages corporels et moraux infligés à tant des pauvres gens. Vous avez instauré pour eux un dédommagement en numéraire, même si cela ne pourra jamais rattraper les vexations de toute sorte : les déportés, les prisonniers politiques torturés puis "expulsés" du pays.
Je sais, l'argent ne fait pas le bonheur, mais elle aide à faire les courses.
- Par contre vous n'avez pas pu faire punir les exactions des militaires "qui obéissaient aux ordres supérieures". Le droit de "désobéissance aux ordres lorsque cette ordre dérange la morale" n'existe pas au Chili, et encore moins dans la tête des militaires non gradés! Puisqu'ils se disaient "en guerre contre la vermine".
-Vous n'avez pas pu faire rendre les bien volés aux voleurs des biens mobiliers et immobiliers, car évidemment, tout les papiers avaient disparus! Pas plus que les terres ancestrales "volées" aux indiens mapuche du sud du Chili. Car ces terres-là avaient été "données", "offertes" aux colons, avec des papiers bien en règle par les gouvernements chiliens de la fin du XIXème siècle! Donc, appartenance impossible à prouver pour ces gens dépossédées. Eux n'avaient pas de bible pour se baser sur une histoire qui aurait pu les déclarer "légitimes", appartenant à cette terre-là, comme ailleurs, dans cet endroit que tout le monde connaît, et dont les américains ont déposé maintenant leurs bottes.
Je sais, nous sommes beaucoup à savoir ce que vous avez fait Madame Bachelet. Et croyez-moi, croyez-nous. Nous vous attendons pour dans quatre ans encore! Nous savons que vous y serez au rendez-vous, car vous nous avez aimés comme personne ne l'avait fait jusqu'à maintenant.
Pour cela et tout le reste, Merci encore
Nous vous attendrons!

Diomenia Carvajal

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